Cheminement des Terrasses

Il était une fois les Terrasses

De tous temps, les hommes ont épierré les collines pour créer des surfaces cultivables : les terrasses, palhàs, chambas, banquas, restanques, faîsses, etc. selon les régions.

Imaginez-vous partout sur les collines des murets de pierre sèche sur des centaines de kilomètres sous la forêt de chênes pubescents et des terrasses à l’abandon depuis plus d’un siècle. C’est ainsi que nous avons découvert, en 2001, les plus anciennes terrasses, datant de la période de la Renaissance, faisant partie du paysage emblématiques des collines. Un travail de restauration des murets a été mené depuis près de vingt-cinq ans par plus de deux-cents bénévoles, grâce à des chantiers Rempart ou des chantiers participatifs.

Les Terrasses de Léotoing, d’origines diverses, s’étendent sous la forteresse médiévale sur près de deux hectares dégagés et en partie restaurés grâce à un financement participatif (Zeste), des subventions du Fonds de Développement de la Vie Associative et des dons de la Fondation du Patrimoine. C’est ainsi que notre association a pu mettre en valeur les pratiques paysannes traditionnelles.

Les terrasses qui descendent en cascade à pic sont datés de la période de la Renaissance en lien avec l’histoire du château ; d’autres ont été bâties au 19° siècle par les villageois paysans. L’épierrage de ces terres de nécessité donnèrent lieu à des centaines de kilomètres de constructions éphémères en muret de pierre sèche. Les familles étaient plus nombreuses que par le passé, avec des bouches à nourrir et la main d’oeuvre corvéable à merci.

Les Terrasses en écailles

En 2001, une création paysagère, selon létude de faisabilité réalisée par les architectes Arnaud Maurières et Eric Ossart, est sortie de terre grâce à l’organisation de seize chantiers de jeunes, chantiers « Rempart », avec la participation du murailler Cristian Omelhier.

En Octobre 2021, un projet filière « végétal local », mis en oeuvre par le Conservatoire National du Massif Central, enrichit les terrasses en écailles. Des étiquettes permettent d’identifier chacun des végétaux locaux, un panneau et un livret reprennent l’inventaire de la collection.

Les Terrasses paysannes

Elles s’étendent sur le versant sud et sont d’ores et déjà riches d’une flore méridionale : amandiers, plantes aromatiques et médicinales. Le réchauffement climatique nous conduit à expériementer des plantations plus diversifiées telles que celles des oliviers (56 à ce jour de 10 variétés différentes), des figuiers, griottiers, amandiers, pistachiers, jujubiers, câpriers… La création d’un « palhàs » en petite vigne traditionnelle est au programme pour 2025.

A noter qu’en novembre 2020, suite à l’appel à porteurs de projets lancé par notre association, un vigneron en agroforesterie s’est installé en contrebas des terrasses paysannes et a permis de renouer avec cette culture ancestrale.

Le Nid d'amour et la Tranchade

Depuis les années 2000, le paysage des terrasses s’est ré-ouvert. Un lieu secret entre les rochers, le Nid d’amour, a été révélé par Louisette Thuaire et nous a conduit à restaurer tout ce petit ensemble de terrasses abandonnées.

Une tranchade, sorte de goulotte de récupération des eaux de ruissellement qui desservait les parcelles limitrophes a été également restaurée, grâce à plusieurs chantiers participatifs encadrés par le murailler Cristian Omelhier.

Le Verger Conservatoire

Le conservatoire des Espaces Naturels d’Auvergne a été missionné dans le cadre d’un Pôle d’Excellence Rurale pour rechercher les variétés fruitières locales et planter le verger conservatoire sur une parcelle communale de 2000 mètres carrés, le long du sentier de la biodiversité.

Ont ainsi été plantés en 2015, 36 fruitiers dont 9 pêchers, 6 cerisiers, 2 abricotiers, 2 amandiers… L’association entretient le verger, ainsi que les terrasses en écailles, grâce au financement de la communauté de communes de Brioude Sud Auvergne.

Inventaires, Etudes, Comptes-rendus,.....

Concernant Les « Palhàs » en général, nous vous recommandons la lecture des sources suivantes : 

  • Le site « Pierre Sèche » contient de nombreuses informations sur les Terrasses en pierre sèche, partout en France : https://www.pierreseche.com
  • Le site du Conservatoire National de Botanique du Massif Central : https://www.cbnmc.fr/
  • Spécifiquement sur l’Auvergne, le Bulletin historique et scientifique de l’Auvergne décembre 1999 « Paysages de terrasses dans le Massif Central » de Marc Prival et Bernard Delmas

De nombreuses études ont également été réalisées sur le site des Terrasses de Léotoing, notamment des inventaires de la faune et de la flore, mais également d’autres travaux académiques divers et variés. Rendez-vous dans la section « Ressources » pour consulter ces documents :